Pourquoi est-il nécessaire de boycotter
Total ?


Total a aidé l'armée birmane à occuper des vastes zones de l'état karen tenues jusqu'alors par les Karens eux-mêmes.

Cette occupation du terrain par l'armée birmane a eu pour conséquence :

La mort, souvent dans des circonstances atroces (écorchés vif etc), de dizaines de milliers de civils karens, la destruction totale de milliers de villages, et le déplacement forcé de la population dans des camps de concentration. De ces camps les gens ne peuvent sortir qu'au gré de leurs geôliers militaires, d'où l'impossibilité de subvenir à leurs propres besoins, en nourriture par exemple. Dans certains cas ces populations concentrationnaires ont été massivement empoisonnées par les autorités militaires.

Très commode pour les militaires, ces populations déplacées de force forment un réservoir de main d'oeuvre gratuit, corvéable à merci. En bref, c'est de l'esclavage.

Il n'y a point de salut pour ces populations, si ce n'est de se cacher dans la forêt, où les patrouilles birmanes les traquent et les abattent avec assiduité, ou de fuir vers la Thaïlande, avec relativement peu de chance d'y arriver, et avec en plus la possibilité d'être refoulées par les thaïs.

Pourquoi Total aide-t-il l'armée birmane ?

Cela arrange leurs intérêts commerciaux, d'avoir des relations étroites avec le « pouvoir » — peu importe que ce pouvoir est non seulement illégal mais aussi des plus rapaces et des plus sanguinaires.

Les Karens s'opposaient au passage à travers leurs terres du gazoduc de Total (maintenant achevé).

Pourquoi les Karens s'opposaient-ils au projet du gazoduc ?

Ce gazoduc renflouerait de façon massive les caisses de la junte militaire. Ces ressources serviraient pour acheter des armes modernes que l'armée birmane utiliserait contre eux, contre les autres minorités ethniques, et contres les démocrates birmans qui se battaient à coté des Karens.

Le gazoduc amènerait avec lui l'armée birmane et toutes les atrocités, bien connues et répertoriées, dont sa présence est indissociable.

Les Karens n'étaient pas dupes : ce qu'ils prévoyaient s'est réalisé.

Même la Banque Mondiale, consciente des abus qui découleraient du projet, a conseillé au pétrolier de détourner le tracé du gazoduc vers le sud pour contourner le territoire karen. Mais faire ainsi aurait privé l'associé de Total, l'armée birmane, de la possibilité de « tuer deux oiseaux avec une seule pierre ». Et il aurait coûté plus cher.

Total n'a pas « seulement » investi en Birmanie, avec tout ce que cela implique dans les circonstances actuelles. Cette société transnationale s'est impliquée jusqu'au cou en aidant l'armée birmane dans ses opérations contre les Karens, réduisant une population libre en esclavage et provoquant la fuite d'une centaine de milliers de réfugiés en Thaïlande.

Donc leur cynisme, leur indifférence, et leur trahison de nos valeurs, doivent leur coûter extrêmement cher.

Aujourd'hui en Birmanie, demain en France — les mêmes dirigeants, le même ennemi.

N'achetons pas les produits Total. Attention : le carburant dans les grandes surfaces provient surtout d'eux. (Oui, c'est plus cher ailleurs. La démocratie a un prix ; certains ont payé de leurs vies pour elle)





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