Monsieur le Président,
Dans une lettre récente (pour rappel, copie ci-dessous) le Ministre des Affaires Etrangères a suggéré, entre autre, que votre groupe agit de façon à améliorer les conditions de vie du peuple birman (on suppose qu'il y inclut les peuples karen, môn et tavoyan, dont les terres sont traversées par votre gazoduc).
Et bien, le 10 mai, sur plus de deux cent villageois karens qui sont partis, seulement 137 personnes, appartenant à 32 familles ont réussi à fuir la région où est installée votre gazoduc pour atteindre la frontière thaïlandaise.
Ils fuyaient l'intensification des opérations de "recherche et destruction" de l'armée birmane visant les villageois qui se cachaient dans la jungle pour éviter les meurtres, tortures, viols, extorsions et l'imposition de travaux forcés pratiqués par ces mêmes troupes. Cette intensification des opérations de meurtre de la population civile, femmes et enfants compris, a été lancé sous l'ordre du 8 avril du Q.G. de la Région Militaire Côtière.
L'autre moitié de ce groupe, une centaine d'enfants, de femmes et d'hommes sans moyens de se défendre et dont la voie d'évasion a été coupée, est en train d'être traquée par les patrouilles birmanes, qui ont pour but de les abattre.
Je vous demande de cesser d'urgence de fermer les yeux sur ce qu'il se passe à coté de votre gazoduc et de tout faire pour sauver ces personnes, ou du moins ceux qui sont encore en vie, et cela quelle que soit la réaction de vos partenaires de la junte. Il faut qu'ils comprennent que le monde va regarder de plus en plus près ce qu'il se passe à l'intérieur de la Birmanie.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, mes salutations distinguées.
Eric Bruce Johnston
P.S. Le comportement des troupes birmanes n'est pas quelque chose de nouveau, ceci étant attesté par le document ci-joint. [Extraits des rapports de l'ONU]
lettre de M. Védrines à M. Desmarest